La circoncision du lobe droit ou comment mon frère m’a van goghisé à 4 ans
Aujourd’hui je vais te parler de mon corps. Oui la blogueuse se dévoile et elle veut augmenter ses statistiques par n’importe quel moyen scabreux.
Il faut que tu saches que j’ai un point commun avec un grand peintre, cet artiste est mondialement connu et en général tu sais pas prononcer correctement son nom, non tu ne sais pas. Cette référence picturale est Vincent Van Gogh. En général tu prononces le “g” à la fin et bordel tu dois stopper cette horreur verbale. Je t’apprends qu’en tant que nourrisson baignant dans le gouda, ce cher Vincent prononçait son nom comme ceci: [vango].
Voilà ça c’était pour ton apport de culture confiture quotidien.
Un après midi tranquille dans la demeure familiale, dans les années 80, mon frère s’amusait avec une paire de ciseaux tandis que je m’adonnais à mon jeu préféré, le gribouillage intempestif de parquet. Nos parents imperturbables étaient dans la salle à manger en train de faire les comptes, activité dominicale déprimante.
Tout à coup un cri retentit, le mien tel un cochonnet qu’on égorge, mon frère venait de charcuter le lobe de mon oreille droite. Mes parents affolés arrivent au pas de course.
Et là cette scène d’horreur absolue digne d’une production d’Argento se transforma miraculeusement en comédie burlesque :
*imagine le cri d’une petite fille de 4 ans* + 2 gamins qui pleurent en même temps.
Le plus grand hurle en continu:
“je veux pas aller en prison! jveux pas aller en prison!”
et la morveuse que j’étais surenchérit:
“jveux pas que M. aille en prison! jveux pas que M. aille en prison!”
Mes parents m’ont toujours dit que je pleurais non pas parce que j’avais mal, mais parce que j’avais peur que mon frère aille en prison. Déjà altruiste à cet âge.
Il m’a donc amputé ce salopiot. A peine je touchais au domaine artistique en m’attaquant au parquet (et au tapis au passage avec de l’encre de chine c’est tellement mieux), que mon frère a circoncis mon oreille.
Etait-ce un signe de ma destinée?
Ou alors un parallèle douteux pour me faire comprendre que la seule renommée possible est celle posthume?
Histoires honteuses: le compostage de CB
Aujourd’hui j’inaugure une nouvelle rubrique: les Histoires honteuses.
Parce que je me surpasse aussi dans ce domaine sache le.
1ère anecdote, le jour où j’ai composté ma carte bleue. Non tu n’as pas mal lu, il y a bien le verbe composter et le mot carte bleue dans la même phrase.
Je dois replacer le contexte de ce drame pour titiller ta bonté:
Reprenons tout en choeur : “Lors de mon année de stage”…
Javais un tuteur dépressif qui sévissait dans un autre collège que le mien en pleine cambrousse alsacienne. Ce bled n’avait pas de gare, ce détail est important.
A la place y’avait un bel appareil tout automatisé et ce monstre à la gueule ouverte:
L’ancêtre du compostage qui te faisait un trou sur ton billet, carrément plus pratique pour voir que t’es en règle que cette foutu inscription qui tâche tes doigts boudinés. Plus pratique et sans pitié, un vrai monstre orange à l’oeil cyclopien vert.
Un mercredi matin je prends le rer local, à savoir le ter (il m’a fallu 5 minutes pour retrouver le nom, preuve de mon parisianisme aïgu?) pour débarquer dans le bled. Vu que c’est assez loin de mon home sweet home et que la fréquence du ter est incomparable avec celle de mon rer actuel, je me suis levée à 4h du mat’ avec à peine 3h de sommeil… pour observer 30 grumeaux et mon tuteur dépressif sur un tabouret qui bousille le fessier.
A midi je retourne à la fausse gare pour prendre mon billet. J’ai dans une main le reçu de la cb avec la cb et mon portefeuille, et dans l’autre le billet avec mon sac, très lourd le sac. Je m’approche de la sale bête qui composte le billet avec un soupçon de fatigue intense à laquelle tu rajoutes une absence momentanée de logique et d’intelligence, et là je tends ma CB dans la gueule ouverte de ce monstre. C’est à ce moment là, bien avant le chlak définitif et castrateur, que mon neurone intelligent a décidé de se rappliquer. Trop tard le chlak a défiguré ma compagne shoppinguesque.
Comment allais-je survivre sans elle? Comment ma soif shoppinguesque allait-elle être étanchée? Je suis dans la mouise et bien dedans…
Epilogue
Dans ma connerie j’ai eu du bol, la puce n’a pas été touché. J’ai donc pu utiliser ma cb compostée pendant un bout de temps ce qui a provoqué, tu t’en doutes, pas mal de remarques, de mensonges et d’autres histoires honteuses pour le coup…
ps: La boucle est bouclée, j’aime le teasing.
