La crapule au mp3

janvier 31, 2008 at 11:17 (Histoires de prof)



Lorsque je débarque dans ma salle avec mes grumeaux sous le bras j’attends le silence avant de balancer “asseyez-vous”.
Puis je cherche le foutu cahier de texte que Fanfan a encore oublié en cours de Maths, et comme à chaque fois je l’invite nerveusement à se bouger le derch’ pronto.
En attendant le calme relatif je chope mon cahier fourre-tout que si je le paume je meurs dans la seconde. Dedans je note tout tout tout, un carnet de bord version fouine.

20 classes donc 20 onglets, 20 listes, 20 colonnes avec les dates des cours pour savoir qui a été déplacé, qui m’a saoulé, qui a séché, qui a failli se faire boxer et qui a été jarté. 20 trombinoscopes, 20 emplois du temps, 20 gangs.

Quand j’ai réussi à mettre la main sur le graal je peux faire cours.

Ce petit rituel achevé j’attaque le cours, mais avant je veux entendre la mouche voler. Sauf que mardi dernier y’avait un bruit de fond qui grésillait. Je me transforme en inspecteur La Fouine et tente de trouver lequel des 3ème Gogolles a laissé son mp3 cracher de la tecktonik.

Bastien? rien à part le souffle du courant d’air crânien…
Fanfan? rien à part le bruit frénétique du mâchage élégant de chewing gum…
Pétozor? je ne m’en approche pas, mon odorat en serait affecté à vie.

Je tourne en rond, je profère des menaces, je peste après la classe jusqu’à…

Jusqu’à ce que le grésillement se fasse plus fort dès lors que je me rapproche du tableau et du bureau…

Bordel… c’est moi la crapule au mp3!

*moment de honte intense*

Madame il est où votre carnet?
Madame jvous mets 3 croix et un mot à faire signer par vos parents!
Madame jvous le confisque et je le donne au Principal!

Ils auraient pu me dire ça. A la place j’ai affiché un sourire gêné et Fanfan a dit:
“bon Madame on vous pardonne cette fois-ci mais que celà ne se reproduise plus!”

…avant que Bastien ne balance:
“ohh la prof est toute rouge c’est mimi!”
Bien sûr le tout était accompagné de 28 paires d’yeux qui ont scanné mon rougissement.

ps: Le morceau qui grésillait super fort était “Paint It Black” des Rolling Stones. Et avant ça devait être “Citizen Erased” de Muse, vive les riffs.

Permalien 12 commentaires

Jules le poilu des 3ème Gogolles

janvier 30, 2008 at 7:55 (Histoires de prof)

Aujourd’hui un extrait éditifiant d’une conversation de ma journée d’hier, journée de 6h, 6 classes, et des tarés à gogo:

Voici mon ouinneur toute catégorie, Jules des 3ème Gogolles du lundi en dernière heure:
“Jules arrête de parler et mets toi au boulot!”
“mais c’est pas moi Mdam’! C’est Fanfan qui parlait!’
“Et depuis quand Fanfan a une voix d’homme? [...] enfin homme je dis ça mais t’es pas encore un homme vraiment hein…” Là j’aurais dû la boucler mais c’était plus fort que moi…
“Koâââ?” qu’il gueule dans la classe
“…” air dépité

“Attendez j’ai du poil au zboub hé!!!”

Consternée, j’ai failli lui répondre que ce n’est pas le poil qui fait l’homme mais j’ai dû me retenir pour ne pas que ça parte en vrille…

Permalien 16 commentaires

Stitch mon héros de 15 ans

janvier 28, 2008 at 11:01 (Histoires de prof)

Dans la liste des moments précieux qui balayent instantanément tous les moments pourris de ton boulot, y’a celui où tu croises tes anciens élèves.

Ceux qui te saoulaient à lever la main à chaque trait tracé, ceux que tu voulais boxer, ceux dont le seul nom te faisait frissonner d’horreur et ceux que tu chérissais.

Cette année j’ai récupéré une bonne moitié de mes anciens élèves.
Je recroise quotidiennement les anciens, des ptits 5ème bouillants jusqu’aux grands bétas de 3èmes.

Crois le ou non mais même celui qui me détestait à force de bombarder son carnet de pavés littéraires, regrette mes sujets et mes conneries. Même celui qui rechignait à apprendre son cours sur le design a refait son cahier d’arts plastiques pendant les vacances, il a googeulisé mes références et a même pris en photo ses travaux. Quand j’ai découvert ce trésor il y a plus d’un mois, j’ai littéralement buggué sur place.

Cet ex-élève je le surnomme Stitch en référence à lui en-dessous, c’est parti d’un cours de l’an dernier où le grumeau sautillait en permanence, mais je ne pourrais même plus expliquer précisement la raison exacte.

Depuis le début de l’année Stitch court dès qu’il me voit chercher mes grumeaux dans la cour. Il a une acollyte en permance avec lui, adepte du total look Cindy Lauper des années 80 mais le tout remasterisé années 2000. Il me demande comment je vais, comment sont mes élèves, tout en cherchant à savoir lesquels il peut frapper pour me venger.

Chaque mercredi à 9H25 tapantes il va en cours d’arts plastiques avec ma collègue, et chaque mercredi il me squatte pour savoir mes sujets et pour me dire combien sa vie est vide sans moi.

Ahhhh! encore toi! que je fais en me cachant les yeux
Bonjour Madââââme, ça va ?
Je suis si indispensable à ta survie? que je lui fais comme chaque mercredi
Oui. Totalement.
Bon Stitch ça sert à rien de faire de la lèche tu sais bien que je ne peux plus agir en ta faveur au conseil de classe!
Nan mais ce qui était bien l’an dernier avec vous, c’est qu’on rigolait bien!
Attends vous rigoliez sur moi ou bien?
Non justement on rigolait avec vous, c’est ça qui me manque.

Ah comme il est meugnon ce Stitch.
Juste avant d’avoir mes 4ème Tarés, c’est ma bouffée d’oxygène.
Ce trop plein de gentillesse désintéressée…

Quelques instants plus tard je vois débarquer mes 4ème Tarés au loin, l’un d’entre eux cogne sur l’extincteur. Pas de répis pour bibi le mercredi matin.

Heureusement comme je suis dans une salle qui communique avec l’autre salle d’arts plastiques, je peux durant le cours, lorsque je vais chercher du matériel (rooo l’excuse), retrouver quelques bouffées stitchienne avant de retourner dans l’arène avec les fauves.

Rien que pour ce sourire échangé, ça vaut le coup de subir des moments pourris où tu te trouves nulle, dépassée et incompétente.

Permalien 7 commentaires

Le ceinture Led, plus sexy tu meurs

janvier 23, 2008 at 7:45 (Histoires de prof)

Depuis septembre j’ai jamais pu échapper à la vision d’horreur de boufferie de Francis le dégueulasse. Il a fallu que je t’en parle hier pour que par miracle je le croise l’air repu le ventre bien tendu – qui l’eut crû?

C’est donc détendue que je me rends à la cantoche savourer de succulents salsifis quand tout à coup Bastien me tombe dessus pour me parler de sa dernière note. Comme si je me souvenais de tous les travaux et résultats de mes 600 grumeaux? Il me prend pour une no life de l’enseignement ou bien?

Après y’a Kévin le bogoss’ des 3ème Glandus qui m’expose sa ceinture new generation avec une boucle qui crache des phrases fluos à 8h du mat’… j’en ai fait fracasser mon plateau de salsifis sur le carrelage du réfectoire. Kévin s’est transformé en grumeau sandwich fluo comme ceci:

Lorsque j’ai vu cette horreur pour la première fois c’était sur le frère de Kévin, Melvin des 5ème Mous du bulbe. Oui les parents ont eu un petit dernier qui se prénomme Alvin, même que j’ai demandé si le nom de famille allait changer pour” éléchipmunk” mais là ils ont pas saisi mon humour de haute voltige.

J’étais devant ma salle à attendre les retardataires quand je croise au loin une petite lumière bleue qui s’avance. Puis cette lumière est devenue une lettre, un mot “SEXY” qui t’agresse les yeux dès la première heure de la journée. OH MON DIEU que j’ai fait dans mon for intérieur, un peu à la manière de Yann Barthes. Serait-ce une vision de notre messie le dieu sauveur des profs? Serait-ce le trop plein de caïpirinhas engloutie la veille?

Bon par contre je t’avoue que j’ai fixé longtemps la boucle pour lire les mots qui défilaient. A un moment j’ai pris peur réalisant l’endroit que je mattais: “OH MON DIEU il va me prendre pour une perverse change la direction du regard, change le point de vue bordel”.

C’est là que j’ai changé de cible en m’interrogeant sur la nouvelle coiffure saut du lit + gel de la veille de mon héros, Marvin le tapoteur de pied droit monté sur ressort. Cette coiffure fait fureur chez les grumeaux depuis l’an dernier déjà. Ne va pas croire que tu peux t’amuser à décoiffer le môme, il en va de ta survie… celle de ta main. Celle qui va se glisser dans les croûtes de gel séché et de sébum exacerbé. Miam.

Oui le grumeau est cracra, ça le rend attachant comme un morback. Mais si je m’embarque dans cette histoire de morpion avec toi je m’en sors pas, y’a tellement à dire que j’en parlerai à un autre moment.

ps: Même si j’ai évité la vision d’horreur du midi avec Francis, je te rassure sur un point. Je n’ai pas réussi à échapper à son habitude de traîne-savate et je l’ai supporté pendant 2h dans la salle des profs… la vie scolaire était fermée et l’infirmerie aussi…t’as pas assez prié pour moi.

Permalien 22 commentaires

Francis le traîne-savate

janvier 21, 2008 at 11:02 (Histoires de prof)

Dans mon bahut j’ai un ouinner parmi mes collègues qui surpasse parfois le pire de mes Kévin accouplé avec Bastien des 3ème Abrutis.Cette exception c’est Francis, un quadra prof de techno.
D’avance pardon à Charly pour ce qui va suivre, représentant incontournable des profs de techno.

Francis est le boulet de la salle des profs. Personne lui parle, mais ça ne l’empêche pas pour autant d’en placer une. Souvent il se prend des tornades, à ce niveau là ce ne sont plus des vents. Au début de l’année dernière, j’avais un peu mal au coeur pour le bonhomme mais ce stade est dépassé tu penses, maintenant j’en suis réduite à trouver des stratégies pour l’éviter.

Avant de t’en parler tu dois savoir pourquoi Francis se mange des mistrals quotidiennement.

  • Il ne sait pas marcher sans faire de bruit. Tu l’entends arriver depuis le couloir à sa manière distinguée de traînasser les pieds. C’est tellement oppressant que tu as envie de lui faire bouffer ses talonnettes! Parce que oui détail essentiel, Francis est petit, plus petit que moi (ce qui me redonne le moral je te l’avoue).

  • Francis adore se mettre derrière moi -attends que je finisse ma phrase sale pervers- surtout quand je suis sur l’ordinateur de la salle des profs, en train de matter des blogs ou lorsque je tape frénétiquement des mails. J’ai beau essayé de lui faire comprendre par un regard “c’est bon ohé tu te crois où malautru?” mais il a du mal Francis, ça lui arrive même de lire à voix haute ce que je tape…oui c’est hallucinant ce concentré de sans-gène en un seul homme.

  • Francis ne sait pas manger proprement, mais surtout il a le neurone “repas” qui clignote comme un taré quand sonne l’heure de la ripaille. Il ne sait pas manger un aliment à la fois. Je sais bien que les mélanges c’est génial. Mais tout fourrer dans sa bouche, le pain+ le plat principal+ la sauce+ un coup de rouge tu crois que c’est supportable visuellement pour le voisin de table? Non. Surtout que je suis trop souvent celle qui se tape cette vision affreuse. J’ai beau feinter pour ne pas être en face de lui, y’a toujours un voisin adorable qui se barre quand Francis débarque, et qui va s’en prendre plein les mirettes ce midi? bah c’est bibi. Du coup j’essaie de manger sans regarder en face de moi, alors les yeux dans l’assiette, sur le côté…mais quand les bruits ne sont pas en option c’est insoutenable.

  • Francis se greffe très souvent dans une conversation à laquelle il n’est pas convié. Il arrive par derrière, oui encore, et te fixe avec ses yeux globuleux de fouine pendant que tu racontes ta blague ou ta dernière connerie faite en cours. Du coup tu es perturbé et ta blague tombe à l’eau (bordel combien de fois il m’a bousillé mes chutes). Encore si ce n’était que de la présence, on pourrait l’ignorer, mais non, Francis en profite pour te couper la parole et placer sa connerie qui ne fait glousser que lui.

Tu vois tous les défauts de fabrication du phénomène? et encore j’ai du en oublier.

Quand le mardi j’ai + de 2h de trou après le repas et que je veux être peinarde, j’évite à tout prix la salle des profs car au même moment Francis rôde. En général je squatte la vie scolaire, mon refuge. Je repère sa sacoche années 80 et si j’entends le moindre bruit de traîne-savate je fuis telle une marmotte traquée en plein été (oui je suis la réincarnation de cet animal sache le). Pour la cantine je dois trouver d’autres feintes car trop souvent je suis la victime de ses machouillâges bruitâges dégueulasses.

Bordel aujourd’hui on est mardi…prie pour moi.

Permalien 12 commentaires

Daniel le bisouteur fou, la suite.

janvier 18, 2008 at 2:08 (Histoires de prof)

Tu te souviens de Daniel le bisouteur marié?
Bon j’ai du neuf sur le bonhomme, prépare le pop-corn installe toi et enroule toi dans ton plaid ikéa, c’est parti.

La semaine dernière j’ai taillé la bavette avec ma collègue d’histoire-géo préférée, Vava, j’adore les pseudonymes.
Je lui ai confié ma mésaventure danielesque. Au fil de l’histoire son visage se transformait en grimaces inédites pour finir par un “nannnnn?”, puis j’ai répondu “et devine qui a osé me faire ça?”.
Elle m’a proposé 2 noms dont celui de Daniel. Un habitué de la chose tu crois? Je n’étais donc pas une exception, moi qui me prenais pour sa muse c’est loupé. Grande déception donc mais le meilleur arrive, je peux continuer? bordel t’as déjà bouffé tout le pop corn! et t’en as encore laissé sur le clavier entre la touche [v] et la [b], t’es plus cracra qu’Anaîs, ma ouinneuze des 5ème Cinglés. Allez aspire ça avant que ton ordi ne crame et te brûle au 3ème degrés.

Bon je reprends. Vava me confie qu’elle a aussi été une victime de Daniel le bisouteur fou. Il a bon goût Daniel en même temps, elle cartonne en muse Vava.

J’apprends qu’il y a 2 ans, un soir après les cours Vava se rend à la piscine, elle aime ça l’eau.
Daniel propose de l’accompagner, ce que déjà je trouve suspicieux, nager avec son collègue = matter tout ce qu’il y a à matter un point c’est tout. Les ptits hauts pseudo moulants ne suffisaient plus à étancher sa soif, il devait attaquer plus haut et voir la marchandise avant de se remette en scelle.
Je te passe les “coucou jsuis derrière toi”, il lui a fait la totale des jeux aquatiques de cache-cache. De retour dans la voiture du mâle en question, il a tenté un baiser et s’est fait refouler. Vava et lui s’expliquent.
Quelques jours plus tard Daniel continue à taquiner Vava et à lui parler, ty crois toi?

C’est à ce moment là que j’ai bloqué:

“Mais moi il ne me parle plus! Il m’adresse même pas un regard et je suis la reine des vents!”
“Bah tu t’es expliquée avec lui?”
“Boaaa j’ai envoyé un mail mais ça restait sympa rien de plus”
“Alors fallait mettre les choses au clair tout de suite.”
“On me l’a pas livré avec le mode d’emploi aussi.”
“Va lui parler dans ce cas, si ça se trouve pour lui t’étais un vrai coup de coeur!”
“Ah non! ça me saoule assez qu’il me dise bon app’ ou bonjour quand je suis avec une collègue à qui il s’adresse, ça suffit comme ça.”
“N’empêche t’as du bol de pas être dans son équipe pédagogique cette année!”
“Bordel si c’était le P.P de mes 3ème Abrutis ça nécessiterait des dialogues c’est sûr… je l’ai échappé belle quelque part…”

Conclusion:

  • 2 refoulages en règle par 2 muses.
  • 8 vents de Daniel en 1 semaine (sauf quand je ne suis pas seule).
  • 1 pseudo conversation sur les mutations avec 5 participants où on a papoté, miracle.
  • Vava continue de se fendre la poire avec Daniel et accède aux potins.

Heureusement j’ai trouvé la faille, Vava me balance tous les potins…faut pas déconner.

Permalien 12 commentaires

Le prof est un bourreau des coeurs mais aussi une victime (heureuse?) de l’option scannage

janvier 16, 2008 at 11:01 (Histoires de prof)

Après le prof tortionnaire me voilà bourreau des coeurs.

Déjà t’as toute la clique des 6ème Merveilleux qui me voue un culte infini. Pour preuve un extrait d’une conversation surréaliste avec Manon:

“Madâme vous avez déjà eu un crayon avec votre nom gravé dedans?”
“Pardon?”
“et gravé en or hein pas du toc!”
“non jamais à mon grand regret.”(accompagné d’un petit air triste que je sais très bien faire)
“Mais le truc c’est que mon chien l’a mangé, je voulais vous l’offrir pour vot’ noël… mais ne vous inquiétez pas vous allez en avoir un!”
“waa j’ai hâte de voir ça.”

Ensuite t’as Kévin des 3ème Gogolles qui commence fort dès le début de l’année:

“Madaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaame”
“Madaaaaaame!!! [...] Mademoiselle?”
(ils me font très souvent ce coup là quand je leur mets des vents)
“Oui?”
“Dites ya moyen que jme déplace?”
“Non je viens de vous placer, le plan de classe est nouveau tu vas pas me le foutre en l’air dès septembre! Et pourquoi tu ne te plais pas à côté de Kelly?”
“Mais c’est pour mieux vous voir madâââme!”
“Alors justement, reste loin de moi.”

Bordel il commence bien l’année. Avec ses boucles d’oreilles en diam’s, son regard qui envoie des signaux *bogosse bogosse* mais surtout son option scannage, il vaut mieux que je l’éloigne le plus possible.

Alors l’option scannage je l’ai découverte avec des 4èmes.
1er jour de l’année, j’ai senti tous les regards sur le moindre pore de mon corps. Jme suis dit que c’était la faute aux hormones et qu’ils allaient se lasser. Non je n’avais rien mis de moulant.

L’an dernier j’ai eu des 3èmes pour la première fois, et je peux te confirmer que le scannage 4ème n’a rien à voir avec lui d’un 3ème, on passe au niveau supérieur.

Bilan sexué des 3ème Gogolles: 23 mecs, 5 nanas dont moi. Tu t’imagines l’arène remplie de fauves mâles (et je te parle pas de l’odeur de fenec après le cours) c’est bon? c’est parti!

Au début tu sens une pression quand tu enlèves ton manteau à col de Corto Maltese, oui je me la joue, oui j’aime ça. Tu retires ton écharpe suivi d’un mouvement de chevelure jelevauxbien mais en plus classe faut pas déconner. Tu poses une fesse sur le bureau et tu commences le cours.

Là tu sens le regard de Kévin, le scannage est en route. vrrrrrr vrrrrrrr
Le scannage ne va pas durer toute l’heure aussi, mais tu sais bien que si tu dois ramasser quelque chose au sol tu le feras d’une manière stratégique, y’a pas écrit “sexodrome” sur mon pull.

Le scannage est aussi une option récurrente chez les profs de ballons (=eps) mais ça fera l’objet d’un prochain article. Faut pas déconner t’as déjà eu un super article après mon absence prolongée… ah les longs week-end.

Permalien 13 commentaires

Le prof est un tortionnaire involontaire

janvier 15, 2008 at 6:28 (Histoires de prof)

Y’a des jours où t’aimerais bien distribuer des baffes à tout va.
Parfois cette envie arrive plusieurs fois par jour.
J’ai déjà conseillé à l’intendante de nous fournir une salle de détente avec fauteuil relaxant et surtout punching ball à foison!
Je suis persuadée que c’est la solution pour éviter tout craquage professoral.
Un élève nous parle mal –> punching ball!
Un élève nous balance une boulette en papier –> punching ball
13 élèves oublient encore NPC –> punching ball
Une journée pourrie ponctuée de déception –> punching ball
Oui la violence est une solution pour désamorcer la pression.
Vider son cartable (clin d’oeil Charlyesque) en cognant dans un sac … Le pied!
Hier j’aurais bien voulu avoir un punching ball en sortant de ma salle.
Ce fut un jour “baffe à tout va” et j’ai été violente, malgré moi.
Oui c’est possible. Je te narre les faits:

Bastien des 3ème abrutis se balançait sur sa chaise comme tous les lundis à 11H37.
Comme chaque lundi je le sommais de stopper son balançage intempestif.
Comme chaque lundi il faisait semblant d’arrêter et recommencait de plus belle.
Contrairement à chaque lundi j’étais placée derrière lui, du coup j’ai pu rabattre la chaise vers le sol violemment et lui bousiller les pieds au passage.
Un hurlement a percé le calme relatif du cours.
J’ai ponctué mon geste d’un “bien fait ça t’apprendra!”.
Comme quoi on fait parfois des bonnes actions de manière involontaire… en attendant le fameux punching ball!

Permalien 24 commentaires

Je suis une quiche doublée d’une boulette et d’une buse

janvier 9, 2008 at 5:27 (Histoires de prof)

Hum…Je crois que la rentrée a eu raison de moi, je viens de re-publier un billet (ancien brouillon) que j’ai modifié pensant que je ne l’avais jamais publié… pfff honte sur moi…tout ça pour finalement caser la fameuse discussion entre les mioches pendant que je faisais la queue à la cantoche.


hé t’as vu comment elle est gaulée la prof d’anglais?

ah ptin on a tous bloqué sur elle ce matin, t’as vu ce qu’elle portait?! une jupe de la taille d’un string!

Déconne?

Pis après ça nous râle dessus pour nos fringues! Y’a des profs qui devraient le porter aussi ce t-shirt xxl jte le dis!

Comme quoi la vérite sort bien de la bouche des grumeaux, je peux te le confirmer.

ps: merci à Milie (chouette blog bd) pour son illustration!

ps2: Je reviens demain avec un VRAI billet, mea culpa à toi mon cher lectorat (c’était pour voir si tu suivais bien en fait).

Du coup tu peux en profiter pour dire ce que tu veux dans les commentaires, si tu as des questions, des sujets que tu aimerais que j’aborde, bref c’est Open Bar!!

Permalien 20 commentaires

Bilan d’une journée de rentrée

janvier 7, 2008 at 11:00 (Histoires de prof)

Hier matin j’étais de très bonne humeur, moi la morose matinale.
Pour preuves j’ai yaourthisé “I’ll stand by you” sous la douche,

j’ai souri à ma gardienne en lui souhaitant une bonne journée, j’ai évité la grille que mon talon droit se prend tous les jours, et j’ai gardé mon air mutin dans le métro.

Arrivée au collège je me faisais peur à l’écoute de mes talons qui claquaient frénétiquement sur le sol, surexcitée la prof d’arts plastiques.

Bilan chiffré

  • 32 souhaitages de “bonne année et tout le bordel” toutes classes confondues
  • 36 bisoutages de bonne année collègues et administration confondus
  • 1 serrage de main du principal pour la bonne année
  • 2 fous rires avec mes 6ème Merveilleux
  • 2 gros râlages avec 2 classes
  • 2 squattages intensifs de ma salle pendant la récré par des élèves
  • 288 photocopies (combien d’arbres j’ai tué à ton avis?)
  • 7 croix dans les carnets pour oubli de travail, de matériel et bavardages
  • 2 index et 1 pouce brûlés au 1/100ème degrés avec le pistolet à colle (je les avais prévenu)
  • 1 zéro pour travail non rendu
  • 1 élève exclu
  • 1 rapport (du coup)

Bilan émotionnel

  • Une première heure qui a démarré sur les chapeaux de roue avec des lapsus en série et des questions qui fusent sur les pigments/ les couleurs. Des sourires échangés, ce qui me donne la pèche.
  • Un calme plat avec mes 3ème Affreux, ce qui m’apaise.
  • Un repas où chacun y va de son anecdote de noël et où mes anciens élèves hurlent “bonne année madame” de l’autre bout du réfectoir, ce qui m’amuse.
  • Un dernier cours qui commence mal avec une exclusion, ce qui m’agace.
  • Un dernier cours où un élève me donne 21 ans, ce qui me fait sourire.

Bilan final

Une belle rentrée positive qui promet 7 semaines de folie jusqu’aux prochaines vacances.

Même pas peur…

Permalien 14 commentaires

Next page »