Je te présente…

décembre 8, 2007 at 11:04 (Zillustrations)

Ma troupe de vainqueurs.

Cuvée 2007-2008

(1ère partie)

ça promet…

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Pensée du soir: j’ai peu d’espoir…

décembre 8, 2007 at 9:14 (Zillustrations)

En pleine correction de travaux.
Stop.
Beaucoup ont zappé NPC.
Stop. – 3 points.
ça va saiiiiiigner!*
*technique des moulinets de bras semblable à celle de ma marraine.

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Le tuteur et la jeune pousse

décembre 7, 2007 at 11:02 (Histoires de prof)

Il y a 2 ans j’étais prof stagiaire, le cul entre deux chaises à savoir l’iufm et mon 1er collège d’adoption.
Durant ton année de stage on te colle un tuteur qui est là pour aider la jeune pousse que tu es. Sauf que le mien s’appelait Jaco et avait deux qualités qui ont pourri mon année:
  1. Il sortait d’une longue dépression
  2. et ne voulait surtout pas de stagiaire

Refoulée par la prof d’arts plastiques de mon bahut qui entamait sa dernière année et ne voulait pas se coltiner le bordel iufmesque, je débarquais chez Jaco pleine d’espoir et encore sur mon nuage capessien.

Pour te résumer son job: il passait voir mes cours (avec mes deux pires classes, notamment mes 4ème d’insertion vu qu’il ne pouvait pas voir mon cours avec mes 4ème Merveilleux, sinon ce n’est pas drôle) en me prévenant ou non la veille. Tout en prenant son air blasé il grattait pendant l’heure scrutant la moindre des tes faiblesses pour te faire avancer, enfin ça c’est que tu crois au début.

Nos entretiens post-observage de mon cours se faisaient toujours dans un café, parce qu’attends il lui fallait un cadre bien plus sympatoche que le bahut, et surtout un endroit où on peut t’envoyer de la fumée de cigare à tout va. Chaque semaine je m’asphyxiais volontairement pour l’Education Nationale et nos chères têtes blondes.

Ensuite je sortais du café pour rejoindre la gare et rentrer chez moi. Au fur et à mesure de nos conversations il me déprimait… à tel point qu’en attendant mon train je bloquais sur la voie ferrée et ses rails libératrices. Je m’obligeais à passer des coups de fil à ce moment bien précis pour ne pas devenir dépressive avant l’heure.
Un jour de décembre il a osé prononcer un compliment:

Alors avec les 4ème d’insertion tu as fait du bon boulot, je crois qu’il s’est passé quelque chose de magique avec eux. Vraiment je ne sais pas ce que tu leur as fait mais je te félicite.

Tu crois que je suis devenue magicienne ou une sorte de sorcière que j’ai eu envie de lui balancer à la tronche. Parce que pendant des semaines j’étais une petite merde et hop voilà que je deviens une David Copperfield de l’enseignement? J’ai pris le compliment et j’ai chopé mon train le sourire aux lèvres, sourire qui s’est effacé lors de notre entretien suivant, sinon ce n’est pas drôle je te rappelle.

Arrive le mois de juin et avec lui le moment de nos adieux larmoyants, Ô tristesse!

Comme à chaque fois pendant toute l’année scolaire, la gourdasse que je suis balance un “salut ça va?” suivi d’un ” non pas du tout…” me transformant immédiatement en dinde coconne.

Bon bah à un de ces jours…
Oui peut-être en alsace?
Nan mais ne rêve pas! Tu vas te retrouver en banlieue parisienne donc bye bye Strasbourg.
Oui je le sais, enfin jpeux toujours revenir, je ne suis pas encore bannie je crois bien.
En tout cas je te souhaite bon courage du haut de ta tour!
Mais je vais habiter à Paris.
Yeux levés vers le ciel signifiant “c’est ça!”
Bon bah a+.
Et surtout si tu
as des soucis avec tes banlieusards, n’hésite pas à m’envoyer des mails je peux encore t’aider.

La dernière fois que j’ai eu de ses nouvelles c’était via un mail groupé comme on les aime avec un diaporama débile.

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B. ou comment j’ai frôlé le décès cérébral

décembre 7, 2007 at 4:00 (Histoires de prof)

Ce matin retour de B. mon choupinou de la 5ème Glandu.
Il m’avait fait le cadeau de zapper mon cours pendant 2 semaines.

Superbe présent mais malheureusement il était à durée limitée! Je m’étais habituée au calme et à la gentillesse, j’ai même failli rebaptiser la classe en 5ème Mielleux.

…jusqu’à ce matin où de loin j’ai aperçu la silhouette de B. qui traînait son sac. Tu crois qu’il se la joue Jésus et sa croix?

A mon grand étonnement le cours s’est déroulé normalement, pas d’incident à déclarer. B. était calme c’était le principal.
Bon ok il n’a rien foutu. Je lui ai donné deux trois consignes puis l’ai ignoré le reste du temps en comptant sur l’aide de Laura sa voisine. J’ai bien fait, elle m’a remplacé et lui a expliqué à 3 reprises comment tracer 5 carrés de 10×10cm sur sa feuille canson.

La sonnerie retentit, je ramasse les travaux.
Et là toute la connerie de B. s’est déversée sur moi telle une benne à ordure d’un restaurant thaï.

Au recto les 5 carrés sont tracés, c’est déjà ça.
Au verso à la place du traditionnel NPC je décode ça:

N P C

e o r

w l i

y i m

o c i

r e n

k e

l

l

e

Je me suis sentie partir. J’ai cru mourir. J’ai frôlé le malaise. Ou le rire. Ou la déprime.
En tout cas j’ai lu dans les yeux du reste de la classe que c’était au-dessus de mes forces.

Je me suis retournée face au tableau où j’avais écris en rouge “n’oubliez pas NPC!” avec en vertical la suite des mots à savoir Nom Prénom Classe (pour les mous du bulbe).

Là j’ai eu un éclair de lucidité en prenant un air blasé et je me suis dit:

j’aurais jamais dû plaisanter sur les mots croisés en écrivant au tableau…

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Acte fougueux en salle des profs ou comment j’évite le prof de physique…

décembre 6, 2007 at 9:29 (Histoires de prof)


L’an dernier j’ai été la victime d’un prof de physique. Je te vois déjà glousser en pensant que j’exagère, je te narre les faits et on en reparle ok?

Paisiblement installée devant un ordinateur de la salle des profs je remplissais mes 600 bulletins quand je vois débarquer Daniel.

La cinquantaine bien tapée, le jean slim avant l’heure et la polaire revêtue, je te présente Daniel prof de physique catégorie hors classe (traduction= va bientôt se casser du bahut). Ce que j’apprécie le plus chez ce collègue c’est son cynisme dopé à la caféine. Mais ce matin il l’avait laissé de côté au profit d’un acte fougueux…

On reprend. Moi concentrée face au pc et lui qui arrive dans la salle et s’approche pour me claquer la bise. Je me retourne pensant (logiquement) recevoir une bise sur la joue et là il m’embrasse A MON INSU sur la bouche. Outrée et immobile je deviens écarlate et je balbutie un:

Daniel! c’est quoi cbordel?

Il me sourit sans répondre et s’asseoit à côté de moi, en face d’un autre ordinateur. Impossible de reprendre mes bulletins.

Le lendemain je reçois un mail de Daniel se plaignant que je ne me connecte jamais sur ma messagerie instantanée (pintade que je suis j’avais filé mon adresse) et que finalement c’est peut-être mieux comme ça hein sinon il va en dire des conneries.
Soit.

3 jours plus tard je reçois un mail très explicite de Daniel avec une phrase qui est encore gravée dans ma mémoire:

“tu sais l’autre matin ce n’était pas une maladresse de ma part…”

Ce que je ne t’ai pas dit c’est que Daniel a une fille qui a 10 ans de + que moi et une petite fille, ah et il a aussi une femme à son compteur. J’ai répondu à son mail en disant qu’il y allait fort le tout sur le ton de la plaisanterie. En fait j’étais affreusement gênée mais connaissant la blague attitude de Daniel je pensais, gourdasse et naïve que je suis, qu’il ne fallait pas en faire tout un plat. Bref.

Les jours qui ont suivi je l’évitais au maximum et essayais de ne plus me retrouver seule face à lui dans la salle des profs. Résultats j’ai squatté les surveillants. J’ai appris plein de nouveaux jeux avec eux, notamment le pictionnary d’élèves.

Depuis ce mail et ma sage réponse Daniel m’ignore. Mais attention il y va fort. Il me balance la porte en pleine tronche au lieu de la tenir quand il me voit. Il ne me regarde plus et quand j’ose lui adresser un regard il tourne la tête. Tu crois qu’il est vexé dans son égo de mâle viril? que jdemande à mes amis les surveillants. En même temps avec ses faux slims il devrait déjà l’être qu’on me répond.

Ce que je regrette le plus ce sont nos conversations pleines de cynisme, ses blagues vaseuses mais aussi les “matins potins”.

C’était le meilleur concierge du bahut. Avec lui j’ai appris l’identité du couple secret du collège, qui couche avec qui, et les petites mesquineries qui te font oublier, le temps de la récré, qu’après tu te tapes la 4ème Ducon.
Mais qui va me balancer les potins maintenant?!
ps: Si t’as des solutions pour que Daniel m’adresse à nouveau la parole, fais péter.
ps2: Pas la peine de me dire que j’ai pas besoin de ce vicelard, jte le dis c’était le meilleur Mr Potin, il en va de ma survie je t’assure!

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Tartouf la star de la 4ème Ducon

décembre 5, 2007 at 10:00 (Histoires de prof)

Lorsque je croise un ancien élève plusieurs possibilités s’offrent à lui:

  • me snober
  • me saluer
  • me sourire
  • me serrer la main
  • me cracher dessus

Maintenant je peux rajouter “me claquer la bise”.

Jvous situe le contexte d’il y a 6 mois:

Tartouf élève de la 4ème Ducon, la crète fièrement exhibée et gélatinée de studioline avait l’allure d’un gringalet habillé en treillis avec des yeux verts magnifiques (qui me laissait rêveuse quand je le trucidais virtuellement). Il avait pour passion de pourir tous les cours. Bien sûr je n’y ai pas échappé et chaque jeudi en dernière heure Tartouf faisait sa star.

Après mes 4h hebdomadaires avec les segpa c’est sur les rotules que je devais lui faire face à 15H30. Le reste de la classe était bon public de ses frasques.

Au début il me faisait sourire, je pensais même avoir devant moi le nouveau Tartuffe en moins drôle. Après mes sourires se sont crispés et je priais toute la journée pour qu’il soit absent. Bien sûr ce fantasme ne se réalisa qu’une seule fois, et bien sûr pile poil le jour où j’étais absente…bien joué que je me suis dit quand les surveillants m’ont annoncé la nouvelle.
Une autre fois Nicolas, le délégué des 4ème Ducon, m’a fait une fausse joie, quel affreux:

y’a des absents
aujourd’hui?

oui Tartouf madame!

oh joie, Dieu
existe!

Je referme la porte et bien après la sonnerie devinez qui débarque (en retard) le froc sous le calbut en shootant dans son sac eastpack? jvous le donne en mille: TARTOUF.

Là j’ai répondu sèchement à Nicolas:

Tu sais c’est très cruel de me faire une fausse joie de ce genre…

Au fil de l’année je m’étais habituée au trublion de la 4ème Ducon et je me rassurais en pensant aux collègues qui le subissaient plusieurs fois par semaine, moi ce n’était que 55 minutes et encore.
Ce qui était déstabilisant chez Tartouf c’était son manque de régularité concernant son humeur. Il pouvait être irritant, provocant, insolent, et la semaine d’après se transformer en ange mielleux voir lèche cul. Ce que je t’ai pas dit c’est qu’il a passé toute son année en face de moi, seul dos à la classe et n’ayant que pour seule vision: moi.

Lors de notre top 5 des élèves les – laids avec mes amis les surveillants, je t’avoue que Tartouf était mon number one (et je n’étais pas sa seule admiratrice). Ma faiblesse bordel, j’étais faible, la faute à ses yeux félins couleur menthe à l’eau… pfiou

Fin de l’année j’apprends que Tartouf ne reviendra plus au collège, il part en CFA apprendre des trucs techniques manuels que je comprends pas. Fin du flash back.

Bon. On retourne au moment où je me suis liquéfiée.

Il y a 1 mois de ça je croise Tartouf devant le collège. 6 mois s’étaient écoulés. La clope au bec et les écouteurs vissés à l’oreille, il passe voir un ex-camarade de la 4ème Ducon.
Là il s’approche progressivement de moi, traverse la rue pour me rejoindre et s’avance plus près. Ne comprenant pas je tends la main et recule. Mais non il s’avance, et encore plus près. Encore jte dis. Mon dieu…Et hop il me claque 2 bises.

J’étais immobile et choquée. J’ai retrouvé mes 13 ans ce jour-là.

Oh Madame comment ça me fait trop plaiz’ de vous revoir! Je pensais pas vous revoir ici!! Vous nous aviez dit que c’était pas sûr de refaire une année ici…Alors comment vont les cours sans moi? C’est plus calme maintenant hein? J’étais bien chiant hein?!
Y’a toujours pire que toi Tartouf ne t’emballe pas!

(je vous passe les détails de sa nouvelle vie scolaire et du reste)

Il y a 6 mois il n’aurait jamais reconnu son caractère chiatique. C’est ça la maturité? ou c’est un élan de franchise vu que je ne suis plus son prof? En tout cas ce qui est sûr, c’est que sur le chemin du retour j’avais les joues rouges et un petit sourire scotché aux lèvres (quand jvous dis que j’avais retrouvé mes 13 ans) et je ne cessais de me répéter Bordel, Tartouf m’a fait la bise!”comme pour m’assurer que je n’avais pas rêvé…

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Le cahier des perles

décembre 4, 2007 at 7:31 (Perles de prof)

L’an dernier suite au niveau record de connerie de mes élèves, j’ai décidé de noter leurs perles. Ces perles ce sont le plus souvent des phrases à la con, des jeux de mots idiots, des réflexions sans pensée, c’est possible je te le dis, bref tout ce que peut sortir un pré-ado de nos jours et qui me desespère ou me redonne le sourire.

J’ai acheté un cahier et lorsqu’un de mes glandus balancent une perle, je montre du doigt le recueil et il va écrire sa perle, le jour et l’heure à laquelle elle a été pondu et son nom.

Au début ils s’insurgeaient:


Mais si vous en faites un livre, vous allez
vous faire du fric sur nous!

Bah wé…
Mais c’est de l’arnaque
Madame!

Non je récupère vos idées, c’est du
recyclage.

Nan mais si ça se vend on va vous faire un
procès!

Alors faudra me retrouver
aussi, déjà j’aurai un nom d’emprunt et d’ici là le collège sera loin
et vous m’aurez oublié!

Nan mdâme on vous
retrouvera!

hin hin on verra bien…

Après je leur ai parlé du 1/4 d’heure de gloire de Warhol et ils se sont calmés, pensant que leurs noms seraient cités. Du coup Warhol ça leur parle maintenant.

Alors tu penses bien que ce cahier je le garde précieusement et le jour où le quotat de perles est atteint, je vais mfaire du fric, de l’oseil, de la thune bordel!

Parce qu’attends me taper des mous du bulbe pendant 40 ans sans but lucratif c’est pire que la loose!

J’espère qu’entre ce plan B et mon plan A (vendre des tableaux) j’arriverai à me payer ma villa sur la plage comme dans Melrose Place…sinon je resterai prof…avec mes 2 mois de vacances par an en + de mes 2 semaines de relâchage toutes les 6 semaines.
Pfiou la déprime jvous le dis.
Edit pour Fressine et parce que je suis moi-même une buse (je voulais en mettre et j’ai zappé).
Voici quelques exemples de perles:
” Madame j’ai créé la SPA des araignées”
“Vous êtes pas si bête enfin nan c’est pas ce que je voulais dire, mais vous êtes vachement intelligente pour une prof d’arts plastiques”
” le 17.07.10″ sur un devoir, donc en 2010 on pourra faire des devoirs pendant les vacances.
” c’est où tu veux quand tu veux” sur une fiche de présentation d’un 4ème.
“mais vous avez fait des études pour être prof d’arts plastiques? nan mais plus qu’un prof de maths?”
…Et bien d’autres que je garde pour de prochains articles.

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Le prof est à l’infirmerie ou comment avoir un genou digne d’un gamin de 7 ans…

décembre 3, 2007 at 7:13 (Histoires de prof)

Pour ressembler à un gamin de 7 ans avec le genou droit écorché, prenez un grand bol, versez de la farine, montez les blancs en neige, rajoutez du sucre et…

  1. Portez des talons compensés
  2. Soyez poli(e)
  3. Assurez-vous de la présence d’un liquide
  4. Ayez une jupe
  5. Ayez des collants épais supra cher
Une fois ces 5 ingrédients réunis n’importe qui peut vivre ce que j’ai vécu un mardi de novembre.
J’allais rejoindre la bouche de métro qui se trouve à 100m de chez moi lorsque j’ai vu, comme chaque matin, le pakistanais qui lave la terrasse d’une basserie. Comme tous les matins à la même heure il me dit bonjour et a rajouté exceptionnellement un”ça va ?”.
Etourdie par ce changement et voulant répondre à son bonjour je me retourne, et là le drame se produisit.
Chaussée recouverte d’eau + un talon compensé de merde de type chinoiserie + un tournicoti du cou sans tournicoter le reste du corps = un étalement magistral digne de mes 7 ans.
Bien sûr je suis tombée en avant, sur les genoux même.
Bien sûr j’avais ce jour-là des superbes collants épais que j’adore.
Bien sûr j’ai eu mal et je me suis relevée difficilement sous les yeux ébahis du pakistanais et du vendeur du kiosque à journaux.
Bien sûr j’ai pas vu tout de suite le sang et le TROU énorme dans mon collant.
Bien sûr j’ai tracé mon chemin en entrant dans le métro, alors que j’aurai pu rentrer et me soigner chez moi, mais non trop simple attends.
Après de longues grimaces dans le métro/rer et de pensées intérieures traduisant ma douleur (mais bordel ma peau du genou me tiiiiire, c’est plein de sang et c’est tout plein de microbe… ma jambe va mourir et OH MON DIEU mon collant est troué!!! la honte aux collèges putin- le mardi jsuis sur 2 établissements, donc 2 fois plus la honte-), je me suis souvenue que ça faisait mal de se péter la gueule de si bon matin et que je n’avais plus vécu cette douleur depuis des lustres.
J’ai passé mes 3h de cours très péniblement.
Déjà pas le temps d’aller à l’infirmerie en plus je ne sais même pas où elle se trouve vu que je ne suis qu’une fois par semaine dans ce bahut et que personne me connait. Pour t’illustrer à quel point je ne suis pas intégrée dans mon rôle d’enseignante dans ce bahut, sache que le concierge ne me remet tellement pas que pendant 2 mois il ne m’a jamais ouvert le portail directement, il le fait hein mais sous les cris de mes élèves “mais c’est not’ prof d’arts pla!!! mais siiiii!”

Je suis donc très bien intégrée dans mon rôle de plante verte, à tel point qu’on me dit bonjour jusqu’à 5 fois par jour.

Après ma première heure de cours, j’ai appelé depuis ma réserve (super pratique pour tapoter des sms durant le cours) une collègue pour qu’elle me ramène une paire de collant… bien sûr elle m’a ramené un voile goldenlady, et heureusement pour la suite sinon ce n’est pas drôle.

Sortant de ce collège je me dirige vers l’autre que je connais mieux vu que c’est ma 2ème année là-bas. A peine débarquée je me réfugie à l’infirmerie et montre mon oeuvre matinale à Fanfan la lingère.

Là elle fulimine et m’engueule car j’ai fait cours avec ça. Je précise que j’ai du baisser au maximum ma jupe, taille basse à mort donc, pour cacher le superbe trou du collant des yeux vicieux de mes élèves.

J’enlève mon collant, j’élève ma jambe sur une chaise et elle me pose une poche de glace que je pensais garder 10 minutes…mais finalement je l’ai gardé beaucoup plus, je te rappelle que sinon ce n’est pas drôle. Et là le meilleur est arrivé.

J’ai vu débarquer une élève, bien sûr une à moi, sinon ce ne serait pas drôle je te le répète.
Puis une autre, et un autre, et encore un, mon dieu mais ils sont tous malades dans ce bahut???

Je te précise que j’ai environ 600 élèves donc une plus grande probabilité d’en croiser dans l’établissement et à l’infirmerie qu’un prof de maths, ce qui est nettement plus drôle.
Bilan de mon séjour à l’infirmerie:
  • 40 minutes à attendre la jambe levée
  • 16 élèves croisés
  • 11 élèves se sont inquiétés de mon état et m’ont demandé ce qu’il s’était passé
  • les 5 autres en ont déduit que j’allais pas leur faire cours
  • 2 élèves ont vu une gambette à moitié velue
  • 16 élèves ont raconté et déformé aux 584 autres ce qu’ils ont vu

Plus tard je suis allée chercher après la récré mes élèves dans la cour, comme ça à la cool:

  1. en boitillant
  2. sur mes talons chinois
  3. et avec un voile où tu pouvais admirer un magnifique pansement de 20cm² à 100m à la ronde.

Là un petit groupe d’élèves s’est formé autour de moi pour confirmer la rumeur:

Mdââme c’est vrai que vous êtes tombée dans le métro?

Mais nan Bastien elle est tombée DANS LE TROU DU METRO!!

Euh tu veux dire la fosse nan?

Mais nan elle n’est pas tombée c’est un élève de l’autre bahut craignos qui l’a frappé! pfff

Je fis signe à mes 5ème agités du bulbe de me suivre. Classe agitée qui me puise toute mon énergie…en règle générale. Ce jour-là ils s’étaient transformés en bisounours mielleux. Même pu besoin d’élever la voix pour avoir le silence, un cours mémorable.

Depuis, chaque matin lorsque je vois le pakistanais me lancer son bonjour habituel je lui réponds en fixant mes chaussures mais aussi en espérant secrètement tomber pour retrouver le pays des bisounours.

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Prison Break ou comment être démago pour capter leur attention

décembre 1, 2007 at 6:45 (Histoires de prof)

Je vous avais parlé de B. dernièrement, mais si souvenez-vous c’est celui qui m’avait lancé fièrement “vazy casse toi!”, ayé vous visualisez le phénomène?

Depuis cette altercation B. n’est plus réapparu à mon cours du vendredi matin. Ses camarades m’ont dit:


- Mais mâdââââme vous ne vous souvenez pas? vous
lui aviez dit de ne plus revenir dans votre cours!

- Ah il a donc écouté mes conseils, mais c’est
génial!
(mais pourquoi Bastien et Kévin n’ont
pas fait de même?)


Les seules fois où je croise B. dans les couloirs du collège c’est toujours au même endroit, devant ou dans le bureau du Principal Adjoint, la tête baissée et le regard agacé. Suite à ses mots doux qu’il m’a adressé je l’ai collé, 2h. Lors de cette colle B. n’a pas fait le travail demandé, enfin si d’après les surveillants il avait bien commencé hein, mais après son travail s’est bizarrement retrouvé immaculé de typex c’est ballot!

Du coup il a jeté son travail et a passé le reste de sa colle à balancer du typex sur ses camarades avant d’atterir encore une fois chez Mr le Principal Adjoint.

Ahlala il me manquerait presque en cours…nan je déconne j’ai assez de Bastien et de Kévin qui en ce moment chantonnent en cours “Parle à ma main” et autres bijoux de la chanson française.

Finalement entre Brice et son “cassééééééé”, les “fous ta cagoule” de Fatal Bazooka et la tektonique, même pu besoin d’être sur le net pour être au courant d’une tendance. Suffit juste d’être dans la cour au bon moment ou d’écouter une conversation.

Pas plus tard qu’hier matin dans mes élèves de segpa le débat portait sur Prison Break diffusé la veille sur M6. Vu qu’ils ne bossaient pas je leur ai fait une proposition très démago (mais non ce n’est pas mal) :

Vous finissez le boulot et je vous brieffe
sur la saison 3 de prison break.

Deal?

Deal!

Du coup j’ai passé ma récré à parler de Scofield et de Sarah dans une boite (chuuuut) à 3 gamins surexcités, et pour une fois personne ne bronchait ils écoutaient mes paroles d’évangile avec des étincelles dans les yeux.

Comme quoi ils sont capables de se concentrer bordel je l’ai vu, faut juste que je me fasse tatouer le plan du collège sur les bras et le décolleté pour le prochain cours, et hop in the pocket!

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