Repas de Noël à la cantoche

décembre 29, 2007 at 11:27 (Histoires de prof)

La semaine précédent les vacances de Noël tout le collège se transforme en un joyeux bordel.

Déjà t’as un sapin en plastique qui trône au centre de la salle des profs, ce qui est génial pour éviter le regard de Daniel.

Ensuite tu te farcis les excès guirlandesques de la cpe qui a confondu le bureau des surveillants avec les illuminations du Boulevard Haussman.
Puis t’as les gamins qui te réclament des cartes de noël parce que “tu comprends t’es dans une matière de loisirs créatifs! fais leur plaisir aux mômes ça te coute rien pis c’est noël!” (le collègue qui se croit encore drôle).

Aux agités du bocal je réponds:

“Noël ne passera pas par moi, kedalle.”
“Et l’esprit de Noël mdam’?”
“connais pô”

Ensuite viennent le repas de Noël et le pot de fin d’année en salle des profs. Alors déjà tu vas pouvoir comparer le repas de ma cantine avec celle de Charly.

Déjà faut que tu choisisses l’ordre dans lequel tu vas t’empiffrer. Cette année pas le choix vu que j’avais cours à 13h, je me suis tapée le repas et après le pot.
En entrée, t’as le choix entre charcutaille et saumon le tout avec toast & cie.
Le plat, t’as le choix (mieux qu’au flunch) entre riz -poisson ou pommes sautées et caribou.
En dessert t’as le choix (oui encore) entre une part de bûche et un dessert glaçé en bonhomme de neige.
La boisson: vin rouge, sauternes et eau gazeuse.
Le must restant les 2 papillotes que tu vas t’empresser de refourguer à un 6ème Merveilleux. “nan parce que ce soir c’est dentiste…”
Après tu dois passer la difficile épreuve de traverser le self sans te ramasser et répondre délicieusement à tes grumeaux “bon appétit, bonnes fêtes”.

Puis tu te traînes jusqu’à la salle des profs où on fait péter le champ’. Le taux de piallerie atteint son seuil maximal, personne ne veut entendre la sonnerie, on redemande du kir, on te fait boire des mélanges douteux et t’en oublierais presque que tu vas devoir te taper 2h non-stop avec les 3ème Furieux.

Arrive le moment où tu récupères dans la cour tes élèves.

Sous l’influence du mélange servi par un prof de ballon (=eps) une idée me traversa l’esprit: et si je remplaçais Anthony des 3ème Furieux par Maïtika la minipouce des 6ème Merveilleux? Le cours? pas de cours c’est open-bar, on balance de la peinture sur les murs en se la jouant Pollock.

Retour à la réalité, à moi les 3ème qui m’ont fait le plaisir d’être 16 au lieu de 20, vive les stages en entreprises.
edit: je suis tellement shootée au grog et aux marmottes que je poste cet article après Noël…sois indulgent.

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Bilan d’une matinée pré-vacances…

décembre 21, 2007 at 3:11 (Histoires de prof)

Butin de ma matinée mouvementée:
Des bonbecs plein les fouilles; un nouveau bracelet que mon dentiste va adorer, des nounours guimauve ramollos et j’ai redécouvert les langues de chat et autres cochonneries…des vraies tentatives de meutres ces horreurs, j’ai frôlé l’étouffement, ce qui a fait mourir de rire mes 6ème Merveilleux.

Des déclarations d’amûûûûûûûûr…
Certains deviennent lucides…

et les inévitables cartes de Noël.

Et je te parle même pas de l’état de mon tableau… pris d’assaut recto/verso par une bande de joyeux lutins, tous mes feutres sont foutus, toutes mes craies (accumulées minutieusement auprès de l’intendance) sont en morceaux.
Ahhh, plus de grumeaux jusqu’au 6 Janvier 2008…

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Le prof est une star du x ou comment je suis une kamikaze…

décembre 20, 2007 at 5:25 (Histoires de prof)

Parfois je fais des trucs extrêmes. Même très souvent.

…comme aller au bahut avec la bouche d’Emmanuelle Béart croisée avec celle d’un babouin et aller faire cours à mes 4ème d’insertion.
Oui je suis une kamikaze, j’aime sentir le danger sur ma peau.

Pour avoir une belle bouche décrite ci-dessus, faites mijoter vos lèvres dans le blizzard alsacien, rajoutez quelques léchages de babines, un soupçon de baume du pérou irritant, et finissez en vous empiffrant de plats mexicains savamment épicés : vous avez réussi, vous pouvez être fier de vous.

Le lendemain constat horrible devant le miroir mais rien ne m’arrête, je vais braver l’adolescent et son esprit moqueur.

Bon j’avoue j’ai tenté l’option camouflage avec tout l’attirail de ravalement de façade, à savoir le fond de teint plâtré, le stick couvrant et même la dose de vaseline. Une kamikaze jvous dis.

Arrivée devant mes affreux j’avais toute leur attention, ah ça oui je l’avais.
Puis les chuchotements ont commencé à envahir la salle, et tout en tentant de faire cours, j’ai cru apercevoir LE geste.

Le geste affreux qui insinue que tu t’es bien amusé la nuit dernière.

Ce geste seul 1 élève pouvait le faire: Florian le rital.

Florian, la fierté italienne incarnée, la couche de gomina associée au survêt’ triple XL, était le seul qui pouvait risquer une telle provocation.

Naïve ou abrutie que j’étais, à toi de choisir, jamais j’aurais imaginé ça. Ma bravitude a des limites.

Ne sachant pas qui de mon esprit et de l’élève était le plus tordu j’ai continué difficilement mon cours. De longues minutes, des sourires et des messes basses: le pire cours de ma vie en somme jusqu’ici.

Heureusement ce drame s’est produit durant mon année de stage – oui encore – je n’allais plus jamais revoir ces élèves de ma vie. Rien que pour ça je remercie les mutations en banlieue parisienne.
ps: tu remarqueras que je vais loin dans ma mission culturelle – cf l’image qui provient de l’expo L’Enfer de la Bibliothèque, Eros au secret.

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Une cause fédératrice: L’élève Kévin

décembre 17, 2007 at 11:02 (Histoires de prof)

Au préalable je tiens à faire mon mea culpa à tous mes lecteurs qui se prénomment Kévin: tout n’est pas perdu il te reste toujours un 2ème prénom ou celui d’un oncle éloigné…

Maintenant on peut y aller.

Dans le corps enseignant il y a des causes qui fédèrent : l’emploi du temps pourri, l’injustice du collègue qui bosse sur 3 jours, les conseils de classe trop long, les réunions parents-profs interminables, les vacances trop courtes mais il y en a une qui est au-delà de ça: l’élève Kévin.

Sache que s’appeler Kévin de nos jours est la plupart du temps gage de connerie de haut vol et d’hyperactivité. J’ai pu vérifier cette théorie une bonne vingtaine de fois alors que je te rappelle que mon compteur n’affiche que 3 ans d’ancienneté.

Tu veux des exemples pour illustrer mon propos?
Tu crois que je fabule et que je victimise un petit blondinet (oui le Kévin est souvent blond) innocent?
Bon.

  • Mon 1er Kévin c’était un rondouillard à la crète gélifiée qui n’admettait jamais ses erreurs et qui te faisait passer pour un bourreau sanguinaire:


Mais madâme pourquoi que j’ai eu zéro alors que voilà mon
travail je vous le rends!

Parce que le délais est dépassé, ça date du 1er trimestre on est en Mars Kévin.

  • Mon 2ème Kévin était monté sur ressort et levait toujours la main pour balancer des conneries infâmes et tenter de se faire mousser auprès de la classe:


Moi Moi Moi Moi Moi Moi interrogez-moi Moi MOI MOI MOI!!!!
Personne ne sait la réponse? vraiment? VRAIMENT? Oui Kévin? Si c’est pas la réponse je t’éclate!
Alors hier avec mon oncle j’ai vu un film cochon, t’avais la fille qui était déguisée et l’homme qui…

Mais pourquoi je lui donne toujours une chance? Bon Kévin tu gicles.

  • Mon 3ème Kévin était un 3ème qui s’en foutait de tout et qui n’arrêtait pas de dire:


Mais laisse tomber Kôa!

Mis à part ce détail linguistique, il gueulait en permanence et dessinait que des papillons, va comprendre leur logique, ça me tue les nerfs comme dirait elle.

Cette année j’ai 21 Kévin toutes classes confondues. Je suis chanceuse. Très.
Dans le lot ça va du 6ème qui ne sait pas lever la main au 4ème qui frappe les filles, en passant par le 3ème qui te provoque dès 8h30 avec son “Depuis quand faut bosser dans votre cours?”.

C’est un fait avéré, le Kévin n’est pas une race en voie d’extinction je te rassure. Du coup
pas la peine de baliser, les beaux jours de ce blog sont assurés.

Finissions sur une note historique:

Ce prénom est un dérivé du prénom gaélique Caoimhim. St Kevin: juin 2008.
Histoire: l’ adjectif caomh, dérivé du prénom d’origine Caoimhim, signifie “aimé”.
Saint patron: Saint Kevin, ermite irlandais, fut le fondateur de l’abbaye de Glendalough. Il est honoré le 3 juin.

Conclusion: Si toi aussi tu es prof ou parent ou responsable d’un morveux prénommé Kévin, sache qu’il n’est qu’amour. Tu crois pas que wikipidia s’est un peu foutu de notre gueule et a confondu avec le Messie?

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Le prof d’Arts Plastiques ne donne pas des cours de dessin ou comment justifier l’injustifiable…

décembre 16, 2007 at 11:02 (Histoires de prof)

Etre prof d’Arts Plastiques est un combat quotidien, tu t’imagines même pas à quel point.
A l’iufm on nous l’a assez rabâché, “avec notre matière faut se battre encore plus que les autres” pour s’imposer. T’es pas encore prof que déjà faut que tu justifies ta matière.

Chouette que je m’étais dis, je vais pouvoir rentrer légitimement dans le lard de tout le monde. Le truc c’est que “tout le monde” est très vaste: cela va de l’élève au collègue en passant par le parent d’élève et toute l’administration.

Tu es confronté de manière permanente, et ce plusieurs fois par jour parfois, à des remarques plus ou moins désobligeantes.
Voilà un florilège assaisonné :

  1. Tu bosses ou tu dessines? (le collègue qui se croit drôle)
  2. Mais madame ça sert à rien vot’ matière! (l’élève qui refuse le culturage)
  3. Jvois pas ce que ça va m’apporter de connaître Matisse et Cézanne.(l’élève footeux, d’avance pardon à mes lecteurs footeux)
  4. Jmen fous mes parents yzondi que les sciences sont plus importantes donc je vais glander toute l’année! (le futur Einstein)
  5. Quoi?! des devoirs en Arts plastiques?! mais c’est abusé on a déjà trop de devoirs en Maths et en Français! (un élève qui s’insurge)
  6. Quoi?! des interros en Arts plastiques?! ( le même élève qui s’insurge)
  7. Nan mais t’as un programme ou bien c’est au pif? (une stagiaire d’anglais décérébrée)
  8. Attends mais moi au collège on foutait rien! Et entre nous ça ne m’a jamais servi et les maths c’est plus important quand même, tu crois pas? allez avoue! (un ami ou n’importe quel inconnu qui veut faire partager son expérience et te démontrer que ta matière n’a aucune ou très peu de valeur)
  9. Madâme c’est la détente les Arts plastiques! On a tellement de pression dans les autres cours qu’ici faut se reposer. (l’élève que t’as envie de boxer)
  10. Bon maintenant passons aux avis des matières importantes pour l’orientation de ce petit! (le principal adjoint durant un conseil de classe)
  11. Salut toi la représentante des Loisirs Créatifs? (le collègue qui se croit encore drôle)
  12. Quoi? vous exigez de cette élève une lettre d’excuse alors que vous n’êtes que stagiaire de plus en arts plastiques, vous cumulez. (une principale adjointe antipathique)
  13. Madame il nous faut des feuilles pour un exposé, c’est le prof d’histoire-géo qui nous envoit.(les envoyés du collègue qui te chourrave ton matos)
  14. Tiens ça te dirait de faire des affiches pour le développement durable? (collègue de svt qui oublie que t’as un programme et qui te prend pour sa souffifre)
  15. Hey tu peux me repeindre ça stp? (collègue qui te prend pour Valérie Damidot)
  16. Y’a moyen que tu me files des cours de peinture et de pastel? (le collègue qui veut t’exploiter)
  17. Pourtant t’as du temps avec ta matière je comprends pas que tu sois si fatiguée. (la collègue compatissante)
  18. Vous savez toujours pas mon prénom et on est en Janvier(l’élève qui zappe que t’as 600 élèves)
  19. Oh une jeunette en dessin! (un collègue qui te découvre à la pré-rentrée)
  20. Wa prof d’arts plastiques mais c’est génial j’adorais cette matière moi! (un ami ou un inconnu dont le visage devient rayonnant quand il apprend ton métier)

Suite aux remarques de mes collègues de mon 1er collège où j’étais moins bien considérée que le yuka trônant en salle des prof, j’ai laissé un petit papier dans chaque casier le dernier jour (avant de snober la soirée de fin d’année pourrie).

Le but de ce petit mot: mettre les points sur les [i] à tous ceux qui m’ont appelé pendant 1 an “la jeunette en dessin” parce que leur rembarrer mois après mois “Tu vois un prof de dessin ici? moi non” ça ne suffisait pas. Bon c’était aussi très jouissif à faire faut pas déconner non plus.

“Les « professeurs de dessin » n’existent plus depuis 1973, remplacés par les professeurs d’Arts Plastiques qui enseignent différentes techniques (dessin, peinture, sculpture, photographie, infographie, cinéma, etc.), différentes notions (le cadrage, le point de vue, la ressemblance, la couleur, etc.) et initient à l’histoire de l’art et à l’architecture. Le tout en 1h par semaine.”

J’aurais pu le balancer plus tôt tu vas me dire, mais j’ai préféré partir comme ça, leur laisser un dernier souvenir sans un au revoir, le summum de l’indifférence en somme pour moi.

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Code vestimentaire à l’usage du corps enseignant ou comment je suis une punkette…

décembre 13, 2007 at 11:02 (Histoires de prof)

Depuis que je suis prof je fais encore plus gaffe à mes fringues. Enfin ça c’était surtout au début. Plusieurs règles sont à respecter par mesure de sécurité:

  1. Bannir systématiquement les t-shirt crédibilité zéro. Ceux avec des dessins débiles, des slogans de glandu et des groupes de musique (jme vois mal débarquer avec “les fils de tepu” sur le buste et faire cours).
  2. Ne pas mettre une jupe au-dessus du genou.
  3. Eviter le décolleté plongeant (ça va de soit en même temps).
  4. Eviter aussi le t-shirt moulant le moindre cm² de tes pores.
  5. Avoir une braguette qui ne descend pas!
Bien sûr chaque prof juge bon de respecter ou non ces règles. Dans mon bahut y’a une règle très stricte sur la tenue des élèves qui devrait à mon goût s’appliquer à certaines collègues, on y reviendra.
Si tu vois un glandu avec un baggy dégoulinant sur les chevilles et exposant son calbut CK, ou si tu croises une pouffette avec le bidon à l’air et le t-shirt sous le soutif, tu alertes direct le Principal Adjoint qui se charge d’offrir un t-shirt blanc XXXL avec écrit “j’aime mon collège”.
J’adore cette règle, vraiment.
Malheureusement à mon grand regret je n’ai jamais eu le bonheur de croiser un morveux avec ce t-shirt informe sur le dos. En pratique c’est très dur à mettre en place, entre les profs mâles qui n’osent pas faire la remarque à une poufette sous prétexte de passer pour un pédophile et la paperasserie habituelle…
Je reviens sur ma remarque concernant les collègues. Entre celle qui se refait une cure de jouvence à coup de jean moulant et de décolleté pigeonnant, et celle qui abuse de la macro jupe pour attirer l’attention des élèves…y’en a qui mériterait de porter l’immonde t-shirt j’ai envie de te dire (dixit un élève derrière moi à la cantoche qui faisait la queue).
Figure toi qu’avec mes échasses et mon look so chic mes élèves me prenaient pour une gothique, même qu’un d’entre eux m’a avoué à la fin de l’année qu’ils m’appelaient entre eux “la punkette”. J’avoue j’aime le noir et il me le rend bien mais quand même…
Au début j’étais flattée qu’on reconnaisse ma rebelle attitude et mes goûts musicaux anti airènbi. Puis quelques jours plus tard, alors que je blablatais en cours sur le cubisme une élève m’interrompt pour me dire:

Madame vot’ couleur préférée c’est le noir
hein?

biiiiiiiiis(vu le vent que je lui ai mis)

Mais madaaaaaaaame! c’est bien noir vot’ couleur
préférée?

Tu m’interromps là petite insolente! En plus pour faire une réflexion de ce genre…

ohlala c’est qu’une question mdâme! alors c’est bien
noir?

Là je me suis énervée, mais vraiment, à tel point que j’ai finis ma tirade comme ceci:
Tu crois pas que parfois les gens ont de bonnes raisons de s’habiller en noir??!
Et là un silence total s’empare de toute la salle, on se croirait presque sous la mer tellement que l’atmosphère était lourde et pesante. J’ai pu reprendre mon cours et m’extasier sur Duchamp.
Plus tard en refermant la porte de ma salle ça a fait *tiiiilt* dans mon esprit, le temps que ça monte au cerveau

Han maintenant ils vont penser que je suis en deuil…et depuis des années! Hey bien joué, je suis brillante en fait.

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Marie la pouffette des 4ème Mous du bulbe

décembre 12, 2007 at 11:02 (Histoires de prof)

Lors de mon année de stage il s’est passé beaucoup de choses, beaucoup trop.

Déjà je découvrais le monde de l’enseignement dans un collège zep qui n’était pas classé zep, la faute au maire et son désir de ville propre. Ensuite je me suis plongée dans un face à face merveilleux avec l’adolescent, cet être sponsorisé par Biactol et actionnaire chez Vivel Dop.

En pleine adulescence, juchée sur mes échasses de 9 cm je me retrouve nez à nez dans la cour face à mes fauves. Mes tout premiers élèves de ma carrière.

J’ai pris ma plus grosse voix et on est monté au 2ème étage - pourquoi je suis toujours au 2ème j’ai jamais compris, peut-être pour admirer la perspective atmosphérique non? -.

Arrivés devant la porte, je cherche mes clés et bien évidemment je ressors les clés de mon home sweet home et m’obstine à ouvrir la porte…ça commence bien j’ai envie de te dire. Je trouve le bon trousseau grâce au porte clés très artistique et ouvre fébrilement la porte.

Ils s’installent calmement, pour la seule et unique fois de l’année, miracle dû au double effet kiss cool “c’est la rentrée” où les fauves se dissimulent sous des peaux de moutons. Je fais l’appel et butte déjà sur les prénoms et noms lus la veille. Le reste du cous se passe correctement et respectueusement.

3 mois plus tard…

Les fauves ont délaissé leurs peaux de moutons au profit d’une fourrure brillante et d’un sourire carnassier. Les mielleux du 1er rang se transforment en concierges détaillant le moindre objet posé sur le bureau laissant libre cours à la rumeur. Bref une classe normale.
Normale jusqu’à ce samedi matin où j’essayais d’émerger d’une soirée festive.

L’actrice de ce drame se prénomme Marie, sympathique élève il y a 3 mois qui s’était transformée progressivement en pouffette, avec tout l’attirail qui devait respecter certaines règles:

  1. le débardeur trop petit qui dévoile le bidon piercé tu porteras!
  2. le macro blouson à capuche fourrée tu n’enlèveras pas!
  3. la bouche entourée de crayon et glossée à mort tu auras!
  4. les yeux noircis au charbon tu assumeras!
  5. le jean taille basse avec string dépassant tu porteras!
  6. le sac à main de ta grand-mère où ta pochette A4 dépasse tu acheteras!
  7. les talons fabriqués en chine où tu pueras des pieds tu subiras!
  8. les ongles à moitié vernis tu auras!
  9. la langue de molière massacré tu causeras!
  10. l’insulte et les gestes vulgaires tu connaîtras!
  11. le chewing gum toujours tu machouilleras!

Après cette métamorphose notre jolie blonde de septembre était méconnaissable. Durant le cours elle mâchait frénétiquement son hollywood fresh telle une vache ce qui a le don de m’agacer:


Marie crache ton chewing-gum tu sais que je ne l’accepte pas en cours.

Mais Madâme il est tout neuf.

Je m’en fous tu le jettes.

Mais madââââme allezzz soyez cool !

(<–kiss…) Marie si tu ne vas pas le jeter c’est dehors que tu finiras ton travail.

Wo zêtes pas drôle vous…

tout en se traînant vers la poubelle à la vitesse fulgurante d’une limace boîteuse.

J’adore les gamins, à chaque fois ils me sortent soit l’excuse du bonbon neuf avalé en début de cours soit ils ne jettent que la moitié, si si jtassure, du coup j’ai anticipé, tu me connais maintenant:

Marie c’est tout le chewing gum qu’il faut cracher!

L’heure s’écoule péniblement et la fin du cours approchant vlàtipa que jvois Marie refaisant le coup du bovin machouilleur! Là je me suis approchée d’elle, la poubelle à la main. Et le drââââme a commencé. Marie pestait que non elle n’avait rien dans la bouche “mais nan mdâme c’est mes cheveux que jmange”, si seulement ils avaient autant d’imagination pour ma matière… Le ton est monté et elle m’a balancé dans la tronche:

De toutes manières vot’ cours c’est dla meeeeeerde!

wouhou redis-moi ça pour voir que jsuis pas encore sourde.

biiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiis

Très bien.

Suite à cet échange houleux et riche en gentillesse, je suis allée dans le bureau de la principale adjointe. J’ai réclamé une lettre d’excuse sans ça Marie ne réintègrerait pas mon cours. Exigence inadaptée d’après Mme la principale adjointe incompétente, “parce que vous comprenez vous n’êtes que stagiaire.”

Hé wé même pas soutenue par l’administration, rien, seule au monde jte dis.
Une remontrance digne de la maternelle a été faite à l’affreuse et *hop* emballé c’est pesé.

Va faire cours après ça, crédibilité zéro!

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Le jour où j’ai retrouvé un vieux complexe mis de côté au collège, il y a une 10aine d’années…

décembre 11, 2007 at 11:02 (Non classé)

Avant ça j’ai reçu la visite de ça ————————–>
avec le couïr en plus sinon ce n’est pas drôle.

Donc ça est un formateur portant comme doux prénom Jean-Luc. Il a débarqué un samedi matin pour oberserver mes 4ème Merveilleux durant mon année de stage.

Pendant le cours j’ai lutté avec deux glandus pour qu’ils otent leurs doudounes niktout, et durant cet acharnement notre magnifique biker avait gardé son couïr, et ce pendant toute l’heure… J’appréhendais qu’un gamin exige que Jean-Luc enlève aussi sa doudoune en couïr, ce qui aurait été normal après tout. En même temps on se serait bien marré.
Le cours se termine, l’entretien peut commencer:


Alors qu’as-tu pensé de ton cours?
Allez je commence par faire ton boulot vu que toute l’heure tu as fait mumuse sur ton pc abruti va!
Bon dans l’ensemble tout fonctionne correctement… à part un détail qui me
chiffonne…

Oui?
Voilà quand tu es debout les élèves sont au même niveau que toi. (pour que tu captes l’énorme problème sache que les tabourets étaient très hauts
malheureusement pour moi)

Euh Oui? c’est ça le problème?
Oui.
Mais vous savez depuis que je suis au collège je me suis obligée à porter des talons alors que ce n’était pas du tout mon truc à l’origine.

Et là l’univers s’est effondré sous mes pieds. Je te mets en garde sur l’horreur qui va suivre.

Dans ton cas les talons sont rigoureusement indispensables! suivi d’un
petit rictus ignoble, mimique
inégalée jusqu’à maintenant, même par les pires monstres de tous les films d’horreur que j’ai vu.


… (ai-je bien entendu?)
…( zen ne te laisse pas démonter par ce gros lourdeau)
… hum
Toutefois le reste est nickel…
Ah… mais dans ce cas, si la taille pose un problème pour vous, il fallait imposer une taille minimum pour ce putin de concours de merde qu’est le capes, comme pour entrer dans la police si tu fais pas 1m72 (au pif) t’es pas pris! Nan parce que fallait me le dire avant hein! bordel!


Tu penses bien que ce pavé je l’ai pensé très fort vu que je ne pouvais plus lui répondre, trop occupée à bloquer un flux lacrimal intense.

Je me suis repris en pleine gueule cette infâme remarque, sachant que je fais un peu moins d’1m60, et je compte pas avec mes échasses de 9cm
Il a fallu que je retourne au collège pour retrouver ce complexe laissé dans ce même endroit il y a une douzaine d’années. J’en ai parlé aux autres formateurs iufmesques qui étaient outrés mais ce gros connard ne s’est jamais excusé.

Depuis je n’ai jamais osé venir au bahut sur des chaussures plates… pathétique je sais.

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Le prof est aphone ou comment réussir une inspection

décembre 10, 2007 at 11:02 (Histoires de prof)


Depuis que je suis prof je parle toute la journée… et je m’autosaoule.

Je blablate tellement que je deviens aphone comme Soph’ mais moi ça arrive au mois de Mars, toujours à la même période, va comprendre…

Lors de mon année de stage j’ai, comme tout stagiaire subissant la formation iufm, eu deux visites; la première qui est une “visite conseil”, la seconde celle qui valide ou non ton stage. La première fera l’objet d’un billet tellement il y a de choses énormes qui se sont passées.

La veille de ma visite de validation, je me retrouve sans voix, complètement aphone pour la première fois de ma vie. Conversations téléphoniques impossibles j’envoie des sms de détresse et me shoote au thé/miel/citron.
La nuit passe difficilement et je me réveille avec une voix de roger.

Arrivée au collège je croise la formatrice qui va m’inspecter. Choquée de mon état elle me propose de revenir à un autre moment, le temps de retrouver ma voix. J’ai refusé bravement en pensant aux efforts que j’avais fourni pour pondre LE cours nikel.
En allant chercher mes élèves (au passage la classe c’était les 4ème Merveilleux que mon tuteur n’avait jamais vu comme quoi il y a une justice!) j’essayais d’éclaircir ma voix. A l’écoute de ma voix de camionneur ils ont poussé des cris:

Wo Madame qu’est-ce qui vous arrive?
Hé vous me faites penser à mon beau-père avec cette voix!
En plus c’est aujourd’hui votre inspection!!!
Hannn la galère
putain! bordel de merde!

Ahhh!
Han!
Ohh!
…dépitée je leur ai chuchoté: Bon y va!


En montant les escaliers la rumeur se répandit et j’entendais leurs petits cris sourds. Arrivés devant la salle leurs mines effrayées traduisaient leurs peurs, comme si c’était eux qui allaient passer à la casserole.

Je leur fis signe d’entrer et là deux gamins m’ont montré qu’ils croisaient les doigts pour moi (merci) et un autre m’a filé un bonbon (waa trop cool c’est le truc qui explose en bouche et qui rend ta langue bleue).

Je n’ai jamais vu des 4ème se tenir aussi bien, la pitié est une alliée crois moi. Lorsque l’un d’entre eux m’interrompait et me faisait ainsi répéter, tous les autres l’engueulaient, le rêve jte dis.

L’entretien s’est très bien passé, j’ai rougis 3 fois sous ses compliments.Vu mon état je n’ai pas pu assurer le reste de mes cours de la journée. On m’a ramené en voiture (1h de route) jusqu’en bas de chez moi, comme une princesse, et devine qui était mon chauffeur?! La formatrice…si ça c’est pas la classe je ne sais pas ce que c’est!

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Ma troupe de vainqueur (2ème partie)

décembre 9, 2007 at 11:18 (Zillustrations)


Tartouf, ex star des 4ème Ducons.

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